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Une cagnotte pour les exiles

Partie prenante du collectif Pantin Solidaire, qui vient en aide aux exilés qui campent sous les ponts de la porte de Pantin et du tramway dans des conditions épouvantables, Nous Sommes Pantin a mis en place une cagnotte qui sert à leur procurer du café, du thé, du pain, des produits de première nécessité. Voici le lien : https://www.helloasso.com/associations/nous-sommes-pantin/formulaires/1

Aux portes de Paris, les exilé·e·s crèvent de froid

À l’entrée de la capitale et de la Seine-Saint-Denis, aux portes du Pré-Saint-Gervais, de Pantin et de la Villette, un drame humain est en train de se produire dans l’indifférence institutionnelle la plus totale.

En cette fin de mois de novembre, alors que les températures se rapprochent dangereusement du zéro, des dizaines d’exilé·e·s venu·e·s d’Afghanistan, d’Irak, de Somalie, d’Érythrée ou de Côte d’Ivoire pour fuir la misère et la guerre s’entassent sous les ponts et survivent dans des conditions qui sont un affront à la dignité humaine.

Des femmes, des hommes, des enfants, parfois très jeunes, passent leurs nuits dehors depuis de longues semaines sans que cela n’émeuve ni l’État, ni les communes, ni aucun autre acteur officiel. Avec la chute des températures, ces personnes courent à présent un danger de mort.

Jusqu’à présent, le seul soutien apporté aux exilé·e·s a été le fruit d’initiatives de citoyen·ne·s dépourvu·e·s des moyens matériels, logistiques et humains que les décideurs locaux et nationaux pourraient mettre à contribution mais qui, à force de ténacité et au nom de principes de solidarité humaine qui devraient aller de soi, ont fourni vêtements, nourriture et produits de première nécessité.

Ce soutien ne suffit pas, il ne suffit plus. L’hiver est arrivé plus vite que prévu et il est temps que des ressources plus conséquentes soient employées pour mettre ces personnes à l’abri et se montrer dignes des idéaux universalistes que nous prétendons incarner.

Aussi, nous appelons les mairies du Pré-Saint-Gervais, de Pantin, d’Aubervilliers et de Paris ainsi que les autorités de l’État à mettre à disposition les locaux vacants ainsi que les moyens logistiques, matériels et humains qui sont les leurs pour faire face rapidement à ce qui n’est rien d’autre qu’un désastre humanitaire se jouant aux portes de la capitale.

Nous autres, citoyen·ne·s des communes concernées, poursuivrons avec acharnement la mobilisation en faveur de celles et ceux qui, s’étant arraché·e·s à leur patrie dans l’espoir d’une vie digne, se retrouvent aujourd’hui à crever de froid sous nos yeux impuissants. Nous appelons toutes les personnes sensibles à cette situation à prendre part au mouvement de solidarité qui s’est mis en place localement : que vous ayez des choses à donner (vêtements, nourriture, boissons chaudes, eau potable, produits d’hygiène …), un moyen de transport ou simplement l’envie de mettre les élu·e·s face à leurs responsabilités, votre aide est plus que bienvenue.

Nous sommes déterminé·e·s à tenir le cap face au vent d’extrême-droite qui souffle ici et ailleurs. Nous n’avons pas peur et sommes décidé·e·s à défendre les exilé·e·s jusqu’au bout. Aidez-nous, et sauvons-les !

Le Pré Solidaire

Nous Sommes Pantin

MANIFESTATION
le 28/11/2021 à 15H
au départ de la mairie

du Pré-Saint-Gervais

Contact mail : noussommespantin2020@gmail.com
Facebook :  Page “Nous Sommes Pantin” ; groupe “Le Pré Solidaire

Des enseignants à Pantin, pas du crack

Dans la Contre-Matinale du Média du mardi 26 octobre 2021, un volontaire de NSP a pu évoquer la situation de Pantin, entre mur de la honte du préfet Lallement pour les consommateurs de crack et postes non pourvus au collège Lavoisier, un problème que nous évoquions déjà, ainsi que celui de la fermeture de classes, en 2020, tant il est vrai que la Seine-Saint-Denis souffre de façon récurrente de la destruction du service public de l’Education nationale conduite par Blanquer sous Macron comme il le faisait déjà sous Sarkozy, sans grande résistance de nos édiles locaux.

Communiqué de la FCPE au sujet de la situation à Lavoisier :

Les personnels du lycée Berthelot de Pantin prennent leurs responsabilités !

Depuis la rentrée de septembre qui n’avait pas été préparée par le gouvernement malgré les dires du ministre Blanquer, les tensions s’accroissent dans les établissements scolaires où se regroupent des élèves et personnels en nombre incompatible avec un contrôle efficace de la pandémie.
Depuis la rentrée de Novembre cela prend l’eau dans toute la France. Les enseignants et les lycéens se mobilisent face à l’accélération de la pandémie et au manque de mesures du pouvoir ministériel. Le pouvoir répond aux lycéens par la répression, les gaz lacrymogènes et les gardes à vue.

Nous saluons l’initiative des personnels du lycée Berthelot.
Face à l’inaction et à l’incurie subie ou voulue du gouvernement et de l’administration des mesures étaient nécessaires.
Les annonces du personnel du lycée Berthelot assurent la continuité pédagogique, la présence quotidienne des élèves, la division par 2 du nombre d’élèves par classe, un meilleur contrôle de la distanciation physique dans cette période stressante pour les élèves et leur famille.

Décidés à soutenir une éducation publique, gratuite, de qualité, nous sommes solidaires de cette initiative d’auto-organisation des personnels du lycée Berthelot.
Nous appuierons toute initiative similaire qui garantira l’éducation que méritent tous les enfants de Pantin.

Nous sommes Pantin.

Les Pantinois.e.s de confession musulmane n’ont tué personne


Vendredi dernier, un crime terroriste d’une violence extrême a été perpétré à l’encontre d’un professeur d’histoire-géographie, M. Samuel Paty. Cet acte terrifiant, commis par une personne si jeune, nous a profondément choqué.e.s et attristé.e.s, et nous nous associons aux nombreux hommages rendus à Samuel Paty. 

Suite à cet événement, il a été annoncé lundi que le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin avait ordonné la fermeture de la Mosquée de Pantin, dès mercredi 21 octobre au soir, pour une durée de 6 mois, au motif qu’une vidéo dénonçant un cours fait par M.Samuel Paty avait été relayée par le responsable de la mosquée sur les réseaux sociaux. Une telle mesure est rendue possible par la loi SILT du 30 octobre 2017, issue de l’état d’urgence, permettant au préfet de procéder à la fermeture administrative, pour une durée ne pouvant excéder six mois, des lieux de culte, pour apologie ou provocation au terrorisme. Cette loi avait été dénoncée à l’époque comme liberticide par des médias comme le New York Times, plusieurs organisations, dont Amnesty International France, la Ligue des droits de l’Homme ou le syndicat de la magistrature, mais aussi des personnalités comme le défenseur des droits Jacques Toubon, la juriste Mireille Delmas-Marty, le constitutionnaliste Dominique Rousseau et le commissaire européen aux droits de l’Homme Nils Muiznieks. 

L’arrêté mentionne aussi que la mosquée serait fréquentée par quelques personnes ayant des « liens avec le salafisme« , qu’un imam serait « impliqué dans la mouvance islamiste radicale d’île-de-France« , et aurait été formé pendant deux ans dans un « institut fondamentaliste » au Yémen. Il aurait également scolarisé trois de ses enfants dans une école clandestine, à Bobigny.  

Un arsenal juridique conséquent permet déjà de s’attaquer à des personnes, imams ou non, soupçonnées d’enfreindre la loi. C’est à la justice de les poursuivre, eux, ou de diligenter une enquête. Si on brime la liberté de culte de toute une communauté sous prétexte qu’un imam a une idéologie douteuse, il n’y a plus de limites à l’intrusion de l’Etat dans les activités des citoyens.  

En tant que citoyen.ne.s pantinois.es, nous sommes alarmé.e.s par cette décision, qui prévoit d’emblée la fermeture d’un lieu de culte utilisé par de nombreux citoyens musulmans, pour la durée maximale prévue de 6 mois possible selon cette loi du 30 octobre 2017. Cette mesure punitive et intimidante ne nous paraît en rien nécessaire à un travail judiciaire et d’enquête sur les individus concernés par la publication de cette vidéo ou d’autres infractions. Par contre, elle contribue à limiter les libertés individuelles des usagers de cette mosquée, et à propager une haine des musulman.e.s en croissance exponentielle, qui n’a de cesse de relayer un amalgame honteux entre islam et terrorisme. Une fois de plus, c’est le quartier exilé des Courtillières qui subit une stigmatisation arbitraire.

Nous, citoyen.ne.s pantinois.es, souhaitons exprimer notre solidarité envers les Pantinois.es musulman.e.s visé.e.s par cette mesure, et demandons à la Municipalité de prendre position sur le sujet.

On n’est pas prêt et c’est pas la joie

témoignage d’un des volontaires de NSP :

Mardi 8 septembre 2020, à l’école maternelle Diderot de Pantin, dans le quartier des 4 Chemins.

Dimanche au marché Magenta, lors de notre distribution de tracts pour la marche du 26 en commémoration du suicide de Christine Renon, nous avons été avertis de la situation de l’école Diderot par Leila, une représentante de parents d’élève.

Lundi soir Leila nous a fait la liste des travaux non terminés dans l’école et autour, des malfaçons et de l’environnement hostile qui en résulte.
Nous sommes donc ce mardi au rendez-vous des parents pour un rassemblement de soutien à l’occasion d’une réunion finalement annulée par la mairie et/ou la directrice.

Des parents désemparés et des enseignantes accablées nous accueillent. Nous observons en silence, nous écoutons les mots des parents qui viennent difficilement mais qui finissent par sortir dans une colère digne.

Je commence à faire quelques photos des plafonds nus à travers des fenêtres-meurtrières, les seules à pouvoir s’ouvrir.
Je suis alors invité à entrer dans l’école pour prendre des photos à l’intérieur, bientôt suivi par les autres participants du rassemblement.
Je découvre par moi-même l’état de l’école, décrite par Leila la veille : plafonds de béton à nu sans faux-plafonds, câbles électriques, tuyaux et gaines apparents, cadres de néons accrochés au plafond avec des moyens divers, lumière des fenêtres semi-cachée par des plaques de contreplaqué afin de protéger les enfants des encadrements des nouvelles fenêtres non terminés et potentiellement dangereux, placo-plâtres et finitions au plâtre non peints, trous dans les cloisons pour faire passer les câbles. Je regarde, je prends des photos, éveillé par la réalité de ce que je vois, après avoir été abasourdi par la description listée la veille par Leila.

Mais le véritable choc n’avait pas encore eu lieu.
Au détour d’un couloir, une porte ouverte sur la salle du réfectoire, et là, les bambins assis accompagnés des animateurs.
Je suis un vieux père de filles maintenant adultes, et je n’ai pas été en contact proche avec des enfants de 3, 4 ou 5 ans depuis longtemps.
Le choc est celui-là, voir ces mômes, assis dans leur tout petit mobilier, qui semblent pour nous presque à ras du sol, avec des têtes un peu perdues en cette fin d’après-midi, et réaliser que c’est bien ces créatures qui sont les « usagers » de cette école-chantier. Le choc, qu’on absorbe, et qui fait venir plus tard des associations d’idées à cette maltraitance.

Après, c’est personnel. Chacun a son histoire et sa façon de voir l’Histoire. Mais c’est bien cette maltraitance de gosses, universelle, qui me vient à l’esprit. Des murs tristes de bâtiments sans chauffage, des enfants fatigués de leur journée qui rappellent d’autres enfants secoués par la folie des adultes, des bâtiments non terminés qui rappellent d’autres bombardés ou secoués par des tremblements de terre.
Et finalement garder en tête l’image de ces bambins dont les têtes blondes ou brunes, les peaux claires ou foncées me rappellent pourtant que cela se passe ici, dans ma ville, en France.

Autre témoignage d’une de nos volontaires :

École maternelle Diderot.
Dès l’arrivée ce sont les mines accâblées des parents qui m’ont sauté aux yeux. Leur regards fatigués mais plein de joie de voir de nouvelles têtes. Cela fait plus d’un an qu’ils se battent comme des lion.nes pour que les petits aient droit à un lieu de vie accueillant agréable et sain. Mais le verdict tombe dès les premiers pas dans l’établissement, ici on n’a pas le droit au beau, ni à la sécurité, les tout jeunes de 3 ans s’endorment avec la menace d’une lumière de plafond qui tombe sur la tête.
Je vous avoue, je n’ai pas l’habitude de parler à la première personne, mais j’ai été choquée, je suis retournée et j’ai la rage. Quoi, la mairie s’en fiche ? « Les enfants s’adaptent » a-t-on répondu à des inquiets… Bien sûr, la maltraitance ça n’a pas de visage, et ça ne fait pas de bruit. Un rdv fixé aujourd’hui a tout simplement été annulé, le chargé de la petite enfance de la ville de Pantin a autre chose à faire sûrement… Honte à ceux qui laissent des enfants évoluer dans une école qui ressemble plus à un lieu bombardé.
On s’en souviendra ! Soutenons les parents, les enseignants, de l’école maternelle. Allons sur leur page Facebook, Maternelle Diderot : ensemble on les fera flancher, ils plieront. Citoyens, Pantinois, parents, profs, toutes, tous avec eux, ensemble.

Voir aussi :

Article du Parisien : https://www.leparisien.fr/seine-saint-denis-93/une-ecole-dans-un-etat-lamentable-drole-de-rentree-pour-des-enfants-de-pantin-09-09-2020-8381916.php

Reportage de BFMTV :

N’oublions pas. Le racisme est toujours là.

Dimanche 30 août à 11h aura lieu la commémoration de la Libération de Pantin au Quai aux bestiaux. C’est une cérémonie publique, ouverte à tous les habitants.

Le Quai aux bestiaux a été utilisé comme point de départ pour des convois ferroviaires vers les camps de concentration de Ravensbrück et de Buchenwald en 1944. Les 18 avril et 13 mai 1944, le quai est réquisitionné pour le départ d’un millier de femmes internées au fort de Romainville et de la centrale de Fresnes en deux convois en direction de Ravensbrück. Le 11 août 1944, un nouveau convoi d’une centaine de femmes quitte Pantin. Enfin le 15 août 1944, dix jours avant la Libération de Paris, un dernier convoi (numéro 1264) d’environ 2 500 hommes part vers Ravensbrück et Buchenwald.

En ce temps où des racistes attaquent une députée de la République pour sa couleur de peau et ses positions politiques sur ces sujets, où le gouvernement applique méthodiquement le plan Kessler de démantèlement des conquêtes du programme du Conseil National de la Résistance, il est important de se souvenir de l’horreur contre laquelle luttaient les Résistants. Des volontaires de Nous Sommes Pantin seront présents à cette cérémonie. Un départ commun est organisé à partir du métro Hoche à 10h30.